jeudi 9 juillet 2015

La «coloc pour bien vieillir» débarque en 2016

Vivre en béguinage lance une maison de retraite pas comme les autres à Lourdes, en lieu et place de la Maison des sœurs auxiliatrices. Le projet démarre en septembre 2015.
Vivre chez soi mais avec le risque de l'isolement ou perdre son autonomie en partant en maison de retraite ? Un dilemme auquel les personnes âgées de Lourdes ne seront bientôt plus confrontées. «Le béguinage offre le chaînon manquant entre ces deux choix. C'est la possibilité de vivre chez soi, en s'entraidant», explique Thierry Prédignac, un des associés de Vivre en béguinage. En somme, le béguinage est une colocation pour «bien vieillir». à Lourdes, le projet s'installera rue de Bagnères, dans la Maison des sœurs auxiliatrices. Le réaménagement du lieu commencera en septembre prochain et devrait aboutir en une résidence de 12 appartements au deuxième trimestre 2016.
En attendant la fin des travaux, Thierry Prédignac commence déjà à repérer les membres de cette colocation un peu particulière. «Les personnes doivent être bienveillantes et s'entraider. Elles s'engagent à constituer, en quelque sorte, une nouvelle famille. Les volontaires doivent être solvables, prêts à rédiger une charte de vie commune, dynamiques, pour organiser la vie du béguinage», apprend-il. Déjà, vendredi dernier, pour la première réunion de présentation, une centaine de seniors, «de 55 à 80 ans à l'image des béguinages en fonctionnement», étaient venus se renseigner. Comme Marie-Hélène, attirée par «la dimension spirituelle et créer du lien, plutôt que de rester chacun chez soi». Avec ce succès plus d'un an avant l'ouverture, les places sont chères pour cette colocation à loyer modéré.
La «charte de vie» du béguinage
Le béguinage, c'est une colocation avec un vrai «gouvernement», explique Thierry Prédignac. «Les résidents constituent une association avec un bureau pour animer la vie du lieu : à quel rythme les repas sont pris ensemble, s'il y a des achats communs, une journée portes ouvertes». Une aide extérieure est apportée «toutes les 4 ou 6 semaines pour améliorer la vie communautaire et, parfois, gérer les conflits». Autant de règles qui doivent forger un «noyau solide et un ciment fraternel», souligne Thierry Prédignac.
Alexandre Guérin
La Dépêche