lundi 13 juillet 2015

NANCY : MYLÈNE ET ELOÏSE, POULES URBAINES

En plein centre-ville de Nancy, trois poules ont rejoint une colocation soucieuse de réduire ses déchets. Rencontre avec cette communauté citadine aux petits soins de ses nouveaux animaux de compagnie
Nancy. Les résidents de ce quartier du centre-ville se réveillent depuis peu au son d’un caquètement diffus…
Des poules en plein centre-ville ? Ce n’est plus une rareté. Eloïse la blanche, Jack la noire et Mylène la rousse ont rejoint il y a huit mois la cour-jardin de cette petite communauté.
Huit étudiants, moyenne d’âge 23 ans, pour s’occuper de trois poulettes achetées cinq euros pièce, « sur un site de petites annonces en ligne », explique Michel l’un des colocataires.
Plus qu’un effet de mode, pour cette génération naturellement soucieuse de son empreinte environnementale, le choix de ces omnivores broyeuses de déchets a été évident. Et si la tendance des poules en ville a débarqué en France il y a quelques années déjà des côtes californiennes, la petite communauté n’est pas très éloignée de cet art de vivre…
Peu de bruit, peu d’odeurs
Ici, le rez-de-chaussée et le premier étage de l’immeuble sont dédiés aux pièces communes (cuisine, salon, séjour…) et les chambres individuelles réparties plus haut. Outre la réduction des déchets, « Nous recyclons beaucoup, sommes meublés de récup et nous récupérons des fruits et légumes en fin de marché, tour à tour avec d’autres coloc’s », explique Claudine qui confie être en quelque sorte « responsable » des gallinacées dans la maison. « Je m’en occupe beaucoup, par ailleurs étant fille d’agriculteurs, j’approvisionne le poulailler en grain », confie la jeune fille.
Trois œufs par jour
Les poules ont trouvé refuge dans un ancien cabanon en fond de cour, profitent d’un enclos dans le jardin et s’autorisent quelques fugues pour aller picorer dans le lombricomposteur de la maison. Et le bruit dans tout ça ? « Nous n’avons eu aucune plainte des voisins, d’ailleurs le soir à la tombée du soleil les poules vont se coucher toutes seules », explique Michel qui se félicite d’avoir réussi à éduquer ses protégées. « Ma chambre donne sur la cour. Or les poules caquettent un peu vers sept heures le matin (juste après la ponte, N.D.L.R.). J’ai donc eu le réflexe de jeter quelque chose par la fenêtre pour les faire taire. Au bout de quelques jours elles ont intégré le message et désormais il suffit qu’elles entendent ma fenêtre s’ouvrir le matin pour qu’elles cessent de faire du bruit ».
Pas plus de problèmes d’odeurs que de nuisances sonores apparemment. Pour Marie, qui a récemment rejoint le groupe, « la crainte des odeurs de fiente m’a fait hésiter à rejoindre la colloc’ », explique la jeune fille. Les poules, n’ont pour autant pas accès à la partie bétonnée de la cour, « du coup nous n’avons pas d’odeurs fortes, car les déjections sont mélangées à la terre », ajoute Claudine.
Reste le trésor quotidien que livrent les cocottes, « trois œufs par jour en moyenne », ce qui ne suffit pas à nourrir la communauté en protéines mais ravit Marie car « ces œufs sont très différents de ceux du commerce. Plus goûteux, avec un jaune bien plus gros que les autres ! ».
Choyées par tous les habitants de l’immeuble, Eloïse, Jack et Mylène croulent de surcroît sous les câlins.
Quant à leur sort, Michel est formel : « Nous y sommes bien trop attachés pour les manger ! »